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Caïman, Puma, Cougar, Caracal : les hélicoptères des armées face aux inondations

Quand il faut sortir tout un village d'une vallée coupée, un Dragon ne suffit plus. Le préfet demande alors le concours des armées, et ce sont des hélicoptères de manœuvre qui arrivent : NH90 Caïman, Puma, Cougar, Caracal. Après la tempête Alex, quatre appareils de l'armée de Terre ont évacué 950 personnes en deux semaines. Cette fiche explique qui vole, ce que chaque machine emporte, et pourquoi la carte les voit rarement.

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Mis à jour le 25 septembre 2026Vérifié le 25 septembre 20261 677 motsCatégorie : Les moyens de secours déployés pendant une inondation

Sommaire
  1. Évacuer, ravitailler, déposer : le rôle des gros porteurs
  2. Les quatre appareils
  3. Qui décide de les engager
  4. Identifier un hélicoptère des armées sur la carte
  5. Des inondations où les armées ont volé
  6. Appareils de cette famille suivis par la carte
  7. Appareils de cette famille suivis par la carte
  8. Questions fréquentes

Les armées n'ont pas d'hélicoptères de secours au sens strict. Elles ont des hélicoptères de manœuvre, conçus pour déposer des troupes et du matériel, qui deviennent en cas de catastrophe les seuls appareils capables d'évacuer un groupe entier ou de livrer des tonnes de vivres à un village coupé du monde. Le 2 octobre 2020, la tempête Alex a arraché les routes des vallées de la Roya, de la Vésubie et de la Tinée ; dès le lendemain, deux NH90 Caïman et deux Puma de la base du Luc étaient mobilisés, et le 4 octobre ils avaient déjà évacué 220 civils de Saint-Martin-Vésubie et de Tende[6]. Du 4 au 18 octobre, ces quatre appareils de l'armée de Terre ont évacué 950 personnes et transporté 110 tonnes de fret[7].

Hélicoptère NH90 Caïman vert de l'armée de Terre en vol, train sorti, vu de trois quarts
NH90 Caïman de l'aviation légère de l'armée de Terre en démonstration au salon du Bourget, en 2019.
Photo : Ibex73, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Cette fiche présente les quatre familles d'appareils qu'un habitant peut voir passer, ce que chacune emporte, la chaîne de décision qui les fait décoller, et la raison pour laquelle notre carte les montre rarement.

950personnes évacuées après Alexpar quatre hélicoptères de l'armée de Terre, du 4 au 18 octobre 2020[7]
110 tde fret livré dans les valléeseau, vivres, médicaments, groupes électrogènes[7]
14 à 20personnes par Caïmanou deux tonnes et demie de matériel[1]
28personnes ou 10 civières par Caracalcapacité militaire[4][13]
77hélitreuillages pendant Xynthiapar deux Puma et un Caracal de Cazaux[9]

Évacuer, ravitailler, déposer : le rôle des gros porteurs

Quatre missions, toutes liées à leur taille. L'évacuation de masse d'abord : un Caïman embarque de quatorze à vingt personnes par rotation[1], un Puma dix-huit[2], un Caracal jusqu'à vingt-huit[4], là où un Dragon en treuille une ou deux. Le ravitaillement ensuite : après Alex, des norias ont apporté eau, vivres et médicaments aux villages dont les routes avaient disparu[6]. La dépose de renforts : les mêmes appareils ont transporté les unités militaires de la Sécurité civile et leur matériel vers les communes sinistrées[6]. L'évacuation sanitaire enfin, avec des civières à bord, qui figure dans les missions officielles du Caïman comme du Puma[1][2].

Le treuil n'est pas absent pour autant. Pendant Xynthia, en février 2010, l'escadron 1/67 Pyrénées de Cazaux a envoyé deux Puma et un Caracal en Charente-Maritime : en 19 h 20 de vol, ils ont secouru 136 personnes, dont 77 par hélitreuillage, et livré 750 kg de fret, surtout des groupes électrogènes et de l'eau[9]. La manœuvre est la même que pour un Dragon, décrite dans la fiche hélitreuillage et sauvetage héliporté ; seule change la capacité de la cabine, jusqu'à 28 passagers pour le Caracal selon l'armée de l'Air et de l'Espace[13].

Les quatre appareils

Les hélicoptères de manœuvre des armées engagés sur les inondations
AppareilQui le met en œuvreCapacitéRepères
NH90 CaïmanArmée de Terre (aviation légère), et Marine nationale dans une version navale14 à 20 personnes ou 2,5 t ; équipage de 4[1]Le plus récent ; rayon d'action de 880 km, quatre heures d'autonomie[1]
PumaArmée de l'Air et de l'Espace, armée de Terre18 passagers[2]En service dans l'armée de l'Air depuis le 2 mai 1974, remplacement prévu vers 2025-2028[2]
CougarArmée de Terre (5e régiment d'hélicoptères de combat, Pau)Version sanitaire : 6 civières et 10 passagers assis[5]Dérivé du Puma, rénové ; 25 appareils avec l'armée de l'Air fin 2013[5]
CaracalArmée de l'Air (escadron 1/67 Pyrénées, Cazaux) et forces spéciales de l'armée de TerreJusqu'à 28 commandos ou 10 civières[4]Mis en service en 2006 pour la recherche et le sauvetage au combat ; 19 appareils dans l'armée de l'Air en juin 2026[3][4]
Hélicoptère Puma de l'armée de Terre en vol, vu de dessous, sur un ciel clair
Puma de l'armée de Terre lors du défilé aérien du 14 juillet 2020.
Photo : Eric Salard, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Qui décide de les engager

Un hélicoptère militaire ne décolle pas de lui-même pour une crue. Le retour d'expérience des inondations du Var, en juin 2010, décrit la mécanique : l'engagement des moyens militaires a été « directement sollicité par le préfet de département puis validé par la zone », et la présence de moyens conséquents dans ce premier département militaire de France a beaucoup compté[11]. Dans le Gard, en septembre 2002, la mobilisation des hélicoptères de l'armée avait déjà été faite par le préfet dès l'ouverture de son centre opérationnel, par l'intermédiaire du délégué militaire départemental, pour un bilan de 1 260 évacuations par hélicoptères[11]. Une fois engagés, les appareils sont placés au service du commandement des secours, dont la fiche sur le commandement de la crise décrit l'organisation.

La coordination en vol est la difficulté propre à ces renforts. Après Xynthia, où les réseaux radio des pompiers et des militaires ne communiquaient pas, le Var a installé dès le premier soir un coordinateur hélicoptères à la tour de contrôle du Luc[11] ; en 2002, c'est un avion de la Marine parti de Nîmes qui avait régulé le ballet des appareils des armées et de la Sécurité civile[11].

Identifier un hélicoptère des armées sur la carte

Notre carte en direct range ces appareils dans deux familles, « armée de Terre » et « armée de l'Air et de l'Espace ». La carte les reconnaît au code de type qu'ils transmettent quand ce type n'a pas de jumeau civil : NH90 pour le Caïman, PUMA ou AS32 pour le Puma, AS3B pour le Cougar ; le Caracal, EC25 ou H225, existe aussi en version civile et n'est classé qu'avec un indicatif d'opérateur militaire, COTAM, CTM, FAF ou CIGOGNE pour l'armée de l'Air, ALAT pour l'armée de Terre, ou une adresse technique d'État[12]. Vus du sol, ce sont de gros biturbines gris-vert ou vert olive, deux fois plus longs qu'un Dragon, au bruit sourd reconnaissable ; le Caracal se distingue par sa perche de ravitaillement en vol et le Caïman par sa rampe arrière.

Hélicoptère Caracal de l'armée de l'Air posé sur un parking d'aérodrome, portes ouvertes
EC725 Caracal de l'armée de l'Air sur la base de Salon-de-Provence.
Photo : Laurent Errera, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Souvent silencieux : les appareils militaires et la carte

Les hélicoptères militaires n'ont aucune obligation de diffuser leur position par radio, et beaucoup ne le font pas, ou pas en permanence. Un vol tactique dans une vallée passe en outre sous les récepteurs bénévoles. Quand l'un d'eux émet, il apparaît comme les autres, bas et près d'un événement ; sinon, rien. Nous ne comblons jamais ce trou par une estimation ni par un communiqué : la fiche sur notre suivi des hélicoptères explique cette règle. Une vallée sans hélicoptère sur la carte peut être survolée toute la journée.

Des inondations où les armées ont volé

Gard, septembre 2002. 4 200 évacuations, dont 1 260 par hélicoptères et 800 par embarcations, avec des hélicoptères de l'armée mobilisés dès l'ouverture du centre opérationnel du préfet[11].

Xynthia, février 2010. Quatre hélicoptères des armées parmi les dix engagés en Charente-Maritime[10] ; les trois appareils de Cazaux ont secouru 136 personnes, dont 77 par hélitreuillage[9].

Var, juin 2010. L'armée de Terre a fourni une partie des 26 appareils engagés, pour 1 350 sauvetages aériens en deux jours[11].

Alpes-Maritimes, tempête Alex, octobre 2020. Deux Puma et deux Caïman de l'armée de Terre, un Caïman de la Marine, un Puma et un Caracal de l'armée de l'Air[7], engagés à partir du 3 octobre[8] : 950 personnes évacuées et 110 tonnes de fret pour les seuls appareils de l'armée de Terre en quinze jours[7]. Les bilans ne se comparent pas directement : 950 évacuations pour les seuls appareils de l'armée de Terre après Alex, 1 260 évacuations par hélicoptères toutes flottes confondues dans le Gard en 2002, 1 350 sauvetages aériens dans le Var en 2010[11].

Hélicoptère Cougar de l'armée de Terre en vol, vu de dessous, lors d'un défilé
Cougar de l'armée de Terre lors du défilé aérien du 14 juillet 2018.
Photo : Eric Salard, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Appareils de cette famille suivis par la carte

Liste en cours de constitution : le registre des appareils de la famille « armée de Terre » n'est pas encore publié. Le tableau (immatriculation, modèle, base, indicatif, statut) sera généré ici automatiquement dès qu'il existera, sans être recopié à la main.

Appareils de cette famille suivis par la carte

Liste en cours de constitution : le registre des appareils de la famille « armée de l'Air et de l'Espace » n'est pas encore publié. Le tableau (immatriculation, modèle, base, indicatif, statut) sera généré ici automatiquement dès qu'il existera, sans être recopié à la main.

Sur la carte en direct

Si un appareil des armées émet sa position près d'une crue, il apparaît sur la carte des inondations, calque « Hélicoptères », avec sa famille dans la bulle. Les appareils de la Marine nationale, qui volent aussi sur les submersions du littoral, ont leur propre fiche : Dauphin, Caïman et Panther.

Questions fréquentes

Pourquoi voit-on des hélicoptères militaires sur une inondation civile ?

Parce que le préfet, directeur des opérations de secours, peut demander le concours des armées quand les moyens civils sont dépassés ; la demande est ensuite validée par la zone de défense. Un Caïman ou un Puma emporte beaucoup plus de monde qu'un Dragon et peut évacuer des blessés ou livrer des tonnes de vivres : il vient en complément de la chaîne de secours civile, jamais à sa place.

Combien de personnes un hélicoptère des armées peut-il emporter ?

Un NH90 Caïman de l'armée de Terre transporte de quatorze à vingt soldats ou deux tonnes et demie de matériel ; un Puma de l'armée de l'Air, dix-huit passagers ; un Caracal, jusqu'à vingt-huit commandos ou dix civières. Ce sont des ordres de grandeur militaires : en secours, le nombre de civils embarqués dépend des bagages, des animaux et de l'état des personnes.

Ces appareils apparaissent-ils sur la carte ?

Rarement. Les hélicoptères militaires n'ont aucune obligation de diffuser leur position et beaucoup ne le font pas, ou pas en permanence ; un vol tactique à basse altitude passe en outre sous les récepteurs. Quand l'un d'eux émet, la carte le reconnaît à son type ou à son indicatif. Une absence sur la carte ne signifie donc jamais qu'ils ne volent pas.

18 · 112

En cas d'urgence, appelez le 18 ou le 112 (114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes). Cette page informe ; elle ne remplace aucune consigne officielle : vigilance.meteofrance.fr, vigicrues.gouv.fr, votre préfecture et votre mairie.

À lire ensuite

Sources et dernière vérification

Dernière vérification des faits de cette page : 25 septembre 2026. Publication : 24 septembre 2026. Mise à jour : 25 septembre 2026.

  1. Ministère des Armées, fiche du NH90 Caïman, hélicoptère de transport de l'armée de Terre (consulté le 25 septembre 2026) : transport tactique de quatorze à vingt commandos, héliportage de matériel jusqu'à deux tonnes et demie, équipage de quatre, évacuation de blessés, rayon d'action de 880 km, autonomie de quatre heures
  2. Ministère des Armées, fiche du SA 330 Puma de l'armée de l'Air et de l'Espace (consulté le 25 septembre 2026) : en service depuis le 2 mai 1974, évacuations sanitaires et missions de secours, 18 passagers, 300 km/h, remplacement à l'horizon 2025-2028
  3. Ministère des Armées, « Nos hélicoptères », armée de l'Air et de l'Espace (consulté le 25 septembre 2026) : Caracal H225M mis en service en 2006, dernier standard de la famille des Puma
  4. Wikipédia, « Airbus Helicopters H225M Caracal » (consulté le 25 septembre 2026) : 19 appareils en dotation dans l'armée de l'Air et de l'Espace au 11 juin 2026 dont 11 à l'escadron 1/67 Pyrénées, 8 aux forces spéciales de l'armée de Terre, jusqu'à 28 commandos ou 10 civières, version de recherche et sauvetage au combat opérationnelle depuis juin 2006
  5. Wikipédia, « Eurocopter AS532 Cougar » (consulté le 25 septembre 2026) : 25 appareils au 31 décembre 2013, version sanitaire à 6 civières et 10 passagers assis, Cougar rénovés au 5e régiment d'hélicoptères de combat de Pau
  6. Zone Militaire (opex360), « Les armées interviennent dans le département des Alpes-Maritimes, ravagé par le passage de la tempête Alex » (4 octobre 2020) (consulté le 25 septembre 2026) : deux NH-90 Caïman et deux Puma de la base du Luc mobilisés depuis le 3 octobre, 220 civils évacués de Saint-Martin-Vésubie et de Tende au 4 octobre, fret d'eau, de vivres et de médicaments
  7. Helicopassion, « Tempête Alex 2020 » (consulté le 25 septembre 2026) : armée de Terre : deux Puma et deux NH90 Caïman ; Marine : un NH90 Caïman ; armée de l'Air : un Puma et un Caracal ; du 4 au 18 octobre 2020, les quatre hélicoptères de l'armée de Terre ont évacué 950 personnes et transporté 110 tonnes de fret ; jusqu'à quinze appareils en vol simultanément
  8. Ministère des Armées, « Aide tempête Alex », opération achevée sur le territoire national (consulté le 25 septembre 2026) : engagement des armées auprès des sinistrés à partir du samedi 3 octobre 2020
  9. Helico-Fascination, « Armée de l'Air : des as entre ciel et terre » (escadron 1/67 Pyrénées de Cazaux pendant Xynthia) (consulté le 25 septembre 2026) : deux Puma et un Caracal, 136 personnes secourues dont 77 par hélitreuillage, 750 kg de fret dont des groupes électrogènes, 19 h 20 de vol
  10. Sénat, « Xynthia : les leçons d'une catastrophe », chapitre sur l'organisation des secours (consulté le 25 septembre 2026) : dix hélicoptères en Charente-Maritime dont quatre des armées
  11. CGEDD et Inspection générale de l'administration, « Retour d'expérience des inondations survenues dans le département du Var les 15 et 16 juin 2010 » (octobre 2010, PDF) (consulté le 25 septembre 2026) : engagement des moyens militaires sollicité par le préfet puis validé par la zone, 26 appareils dont ceux de l'armée de Terre ; annexe sur le Gard en 2002 : 1 260 évacuations par hélicoptères, mobilisation des hélicoptères de l'armée par le préfet via le délégué militaire départemental
  12. Carte des inondations, règles de reconnaissance des hélicoptères (code de la carte, vérifié le 25 septembre 2026) (consulté le 25 septembre 2026) : codes de type NH90, PUMA, AS32, AS3B ; Caracal EC25 / H225 seulement avec un indicatif d'opérateur militaire (COTAM, CTM, FAF, CIGOGNE, ALAT) ou une adresse d'État
  13. Ministère des Armées, fiche du H225M Caracal de l'armée de l'Air et de l'Espace (consulté le 25 septembre 2026) : nombre de passagers maximum : 28 ; treuil hydraulique levant deux personnes, treuil électrique de secours ; missions de jour et de nuit

Ce que nous ne savons pas avec certitude

  • Le nombre d'hélicoptères militaires engagés sur une inondation donnée n'est publié de façon systématique ni par le ministère des Armées ni par les préfectures ; les bilans cités viennent de la presse spécialisée et de rapports ponctuels.
  • Nous n'avons trouvé aucune source attestant l'engagement d'hélicoptères des armées lors des crues du Pas-de-Calais de 2023-2024 : nous n'en affirmons ni la présence ni l'absence.
  • Les capacités indiquées (passagers, charge) sont celles des fiches militaires ; en secours de civils, elles sont plus faibles.
  • Le bilan de 950 personnes évacuées et 110 tonnes de fret après la tempête Alex porte sur les quatre appareils de l'armée de Terre ; celui des appareils de l'armée de l'Air et de la Marine n'est pas publié séparément.

Qui écrit cette page, et comment

Éditeur
E.repare, à Gujan-Mestras (Gironde), qui édite la carte des inondations et la carte des feux de forêt. Voir qui sommes-nous et la méthodologie de la carte.
Méthode
Chaque chiffre est relié à une source citée en bas de page, avec sa date de consultation. Quand une donnée n'est pas publique ou contradictoire, nous le disons plutôt que de trancher, et nous écrivons sans chiffre.
Limites
Ces pages informent les habitants ; elles ne décrivent pas une procédure et ne se substituent à aucune consigne des secours, des préfectures ou des mairies. Elles ne donnent aucun conseil médical. Une erreur ? Écrivez-nous.