La carte n'invente aucune donnée et ne présente jamais une estimation comme une mesure. Chaque élément dessiné vient d'une source identifiée, relue à intervalle fixe, et porte son statut : officiel, mesuré, estimé, participatif ou non vérifié. Les estimations existent et sont dites telles : tendance d'une station projetée à six heures au plus, indice de ruissellement et montée possible calculés sur des prévisions de pluie, marée d'un modèle marin, rafales d'une grille de vent. Quand une source ne répond plus, nous gardons sa dernière valeur, nous affichons l'heure de cette dernière réception et nous nommons la source en défaut ; au-delà de deux durées de vie sans relecture réussie, la carte ne dit plus « situation calme » mais « données incomplètes ».
Les couches, une par une
| Couche | Source | Rythme | Statut |
|---|---|---|---|
| Tronçons en crue | Vigicrues[1] | 10 minutes | Officiel, libellés complets repris mot pour mot, date du bulletin affichée |
| Stations en hausse confirmée | Hub'Eau[2], référence Hydroportail[3] | 15 minutes | Mesure brute, pas une vigilance |
| Montée des eaux : crue en cours | Hub'Eau[2] et prévisions officielles Vigicrues par station[1] | 10 minutes | Mesure ; tendance ESTIMÉE sur trois heures, projetée à six heures au plus ; prévision Vigicrues rapportée telle quelle |
| Montée possible et indice de ruissellement | Open-Meteo[7] | 6 heures | Estimation maison d'après la pluie prévue et l'humidité du sol, pas une alerte |
| Vigilance météo par phénomène | Météo-France via Meteoalarm[4] | 10 minutes | Officiel, niveau lu dans le code du message, un message par échéance |
| Tempête | Vigilance vent et vagues-submersion[4], rafales Open-Meteo[7] | 10 minutes et 6 heures | Officiel pour la vigilance ; rafales estimées sur les points de grille du territoire |
| Marée par façade | Open-Meteo Marine | 3 heures | Modèle indicatif, ni prédiction du SHOM ni coefficient ; dite négligeable sous 30 cm de marnage |
| Routes coupées | Bison Futé[5] | 5 minutes | Officiel, réseau national seulement ; seules les coupures pour inondation comptent comme signal |
| Foudre | Blitzortung[6] | continu, mémoire d'une heure | Participatif, couverture inégale |
| Vent et humidité | Open-Meteo[7] | 6 heures | Modèle, pas une observation |
| Pluie radar | EUMETNET OPERA[8] | 5 minutes | Observation radar, composite européen à 1 km |
| Hélicoptères de secours | Récepteurs ADS-B communautaires | 15 secondes à 2 minutes | Présence observée, mission non connue |
| Sauveteurs en mer | AIS | continu, une fois raccordé | Position observée ; « à raccorder » tant que la clé d'accès n'est pas posée |
| Zones inondables, catastrophes naturelles | Géorisques, base GASPAR | à la demande, 24 heures | Officiel, réglementaire |
| Épisodes de crue | Mémoire de la carte, d'après les couches officielles | 10 minutes | Synthèse, ouverte et close par des règles publiées |
| Presse | Google Actualités | 15 minutes | Titres situés par leurs lieux, non vérifié |
| Signalements | Habitants | immédiat, 72 heures de vie | Non vérifié sauf mention |
Ce qui est officiel
Les tronçons colorés reprennent les quatre libellés de Vigicrues, dont les bulletins sont publiés au moins deux fois par jour ; les débits y sont arrondis à 0,1 m³/s et la donnée de référence est celle d'Hydroportail, vers lequel chaque fiche de station renvoie[1][3]. Les aplats de département reprennent le niveau de vigilance de Météo-France tel qu'il figure dans le code du message Meteoalarm, jamais dans son titre : un message titré « vigilance jaune » peut porter le niveau vert quand il annonce une fin d'alerte[4]. L'état affiché en tête de carte retient la vigilance d'aujourd'hui et celle de demain, pour les phénomènes liés à l'eau et le vent violent ; le brouillard, la neige ou les avalanches sont signalés à titre d'information. Les routes coupées sont celles que Bison Futé publie pour le réseau national, autoroutes et nationales, sous Licence Ouverte Etalab 2.0[5] ; les départementales n'y figurent pas, et une fermeture pour travaux reste grise, jamais comptée comme une coupure par l'eau.
Ce qui est mesuré sans être une alerte
Une station est « en hausse confirmée » quand sa hauteur a gagné au moins trente centimètres en trois heures et dépasse d'au moins vingt centimètres son plus haut niveau des vingt-quatre heures précédentes, sur une mesure de moins de deux heures, d'après les observations de Hub'Eau[2]. Les stations qui mesurent la mer et celles qui oscillent avec la marée ou les éclusées sont écartées, parce qu'elles montent chaque jour sans crue. Le vent et l'humidité viennent d'un modèle météorologique[7], la pluie radar d'une observation[8] : ni l'un ni l'autre ne préjuge d'une vigilance.
Ce qui est estimé
La tendance d'une station est une pente calculée sur ses trois dernières heures ; la projection qui en découle est bornée à six heures et à deux fois la hausse déjà observée, et c'est la même phrase dans toutes les bulles. La montée possible et l'indice de ruissellement comparent la pluie prévue à des seuils indicatifs ; la pluie comptée depuis minuit est elle aussi une prévision du modèle, pas une pluie mesurée. La marée vient d'un modèle marin : l'écart d'une pleine mer est mesuré par rapport à la moyenne des pleines mers prévues sur quarante-huit heures, jamais par rapport à un « habituel » que seul le SHOM pourrait dire. Les rafales qui déclenchent l'état de tempête ne sont comptées que sur les points de grille situés en France ou à moins de trente kilomètres de ses côtes.
Ce qui est participatif ou non vérifié
Les impacts de foudre viennent d'un réseau de détecteurs bénévoles[6] ; ils ne comptent comme signal qu'à partir de vingt impacts en une heure, ou cinq dans une maille d'un demi-degré. Les hélicoptères viennent d'un réseau de récepteurs bénévoles, comme l'explique la fiche notre suivi des hélicoptères : un appareil n'est montré que près d'un événement d'eau connu de la carte, un hélicoptère sanitaire seulement s'il est observé engagé. Les articles de presse sont situés d'après les lieux cités dans leur titre, avec leur majuscule et leurs accents. Les signalements d'habitants sont publiés immédiatement, marqués non vérifiés, et quittent la carte après 72 heures ; seul un signalement confirmé par un modérateur compte comme signal. Leur texte passe d'abord par un filtre qui ôte liens, courriels et numéros de téléphone et met de côté tout mot injurieux ; une photo reste invisible tant qu'un modérateur n'a pas confirmé le signalement, et ce modérateur peut aussi le retirer.
Les couleurs
Le jaune, l'orange et le rouge des vigilances officielles ne servent qu'aux données officielles. Deux couches maison emploient des teintes voisines, choisies distinctes et nommées dans leur légende : les tendances de station, rouge brique pour une montée rapide, orange brûlé pour une montée lente, bleu pour une station stable, vert pour une décrue ; et la montée possible, d'ambre à brun, la même palette que l'indice de ruissellement. Aucune de ces teintes ne signifie une vigilance.
Indice de ruissellement : comment il est calculé, et ses limites
L'indice de risque de ruissellement est un indicateur maison, pas une alerte officielle : les seuils que Météo-France utilise pour ses avertissements de pluies intenses ne sont pas publics. Il part des prévisions horaires d'Open-Meteo[7] sur une grille d'un demi-degré limitée aux mailles terrestres de la France, relues toutes les six heures : pluie, probabilité de précipitation, humidité du sol de la surface à 28 centimètres, chute et épaisseur de neige. Chaque commune reçoit la valeur des trois points de grille les plus proches, pondérés par l'inverse du carré de leur distance ; une commune dont le point le plus proche est à plus de quarante kilomètres est dite non couverte.
Le niveau, de zéro à trois, compare le cumul attendu à des seuils indicatifs : 10, 20 et 35 millimètres à six heures, 20, 40 et 70 à vingt-quatre heures, 40, 80 et 130 à soixante-douze heures. Ces seuils baissent d'un quart quand le sol est saturé, au-dessus de 0,40 mètre cube d'eau par mètre cube de sol, et aussi quand il est très sec, sous 0,10, parce qu'un sol durci par la sécheresse n'absorbe plus et ruisselle vite ; dans ce dernier cas l'abaissement ne vaut que pour six et vingt-quatre heures. Une couche de neige d'au moins cinq centimètres ajoute un niveau dès qu'il pleut ; une probabilité maximale de pluie inférieure à trente pour cent en retire un. La fiche d'une commune donne le cumul, l'heure et l'intensité du pic, l'humidité du sol et les raisons retenues.
Les limites sont celles d'un modèle météorologique global lu à un demi-degré : il ne voit ni le relief fin des Cévennes ni l'imperméabilisation d'une ville, et il se trompe souvent sur l'heure exacte d'un orage. Le raccordement suivant est le modèle AROME de Météo-France, plus fin, disponible par le portail des API de Météo-France avec une clé, ou relayé par Open-Meteo sous le nom de modèle Météo-France quand ce relais n'est pas saturé, ce qui était le cas le jour de la mise en service.
Les alertes par commune
Les notifications de « Mes alertes » sont envoyées par la carte, pas par l'État : chacune le rappelle. Elles partent pour une vigilance orange ou rouge du département, un tronçon Vigicrues en jaune ou plus à proximité, une rivière en hausse rapide, une route nationale coupée pour inondation, un signalement confirmé, un hélicoptère de secours observé engagé ou volant près d'un événement d'eau, et la fin d'une alerte ; l'indice de ruissellement, la presse et le point du soir se choisissent case par case, désactivés par défaut. Des plafonds par jour et des heures calmes limitent leur nombre ; une vigilance rouge et une évacuation passent toujours. Les alertes officielles restent FR-Alert, les sirènes et la préfecture.
Ce que nous ne faisons pas
Nous ne projetons pas la tendance d'une station au-delà de six heures, nous ne devinons pas un impact de foudre, nous ne colorons pas un département par anticipation, nous ne remplaçons pas une source muette par un « rien à signaler ». Quand tout le réseau Vigicrues est vert, la carte affiche zéro tronçon et le dit ; en septembre 2026, c'était le signe d'un réseau en situation de sécheresse, information que seul le bulletin de Vigicrues portait[1]. Pour lire correctement ces couleurs, la fiche lire les vigilances est le complément de celle-ci.
Questions fréquentes
Pourquoi la carte ne montre-t-elle pas les rivières en vert ?
Parce que hors épisode, tous les tronçons surveillés sont verts, et les dessiner peindrait toutes les rivières de France en permanence. Le vert reste visible dans les chiffres clés et dans la phrase d'état, jamais comme un trait.
Que veut dire « en hausse confirmée » pour une station ?
Qu'une station Hub'Eau a gagné au moins trente centimètres en trois heures et dépasse d'au moins vingt centimètres son plus haut niveau des vingt-quatre heures précédentes, sur une mesure de moins de deux heures. Les stations soumises à la marée et aux éclusées sont écartées, parce qu'elles montent et descendent tous les jours sans crue.
Que se passe-t-il quand une source tombe ?
Nous gardons la dernière valeur reçue, nous affichons l'heure de cette dernière réception et nous nommons la source en défaut. Au-delà de deux durées de vie sans relecture réussie, l'état de la carte passe à « données incomplètes » : nous ne remplaçons jamais un trou par un « rien à signaler ».