Pendant une inondation, personne n'improvise l'organisation. Le code de la sécurité intérieure fixe qui commande, avec quel plan, et depuis quel endroit. Comprendre cette chaîne aide à lire un communiqué et, surtout, à savoir de qui vient une consigne d'évacuation.
Le maire d'abord, le préfet ensuite
La direction des opérations de secours appartient au maire tant que la crise reste dans les limites de sa commune. Le préfet la prend quand la situation dépasse la commune, notamment lorsqu'il met en œuvre le plan ORSEC ; il décide alors de prendre la direction des opérations et en informe les maires concernés[1]. Le commandant des opérations de secours, un officier de sapeurs-pompiers, conduit l'action sur le terrain sous cette autorité. Une consigne d'évacuation émane donc du maire ou du préfet, jamais d'un simple voisin bien informé.
Le plan communal de sauvegarde
Le plan communal de sauvegarde est obligatoire notamment pour les communes dotées d'un plan de prévention des risques naturels prescrit ou approuvé et pour celles situées dans un territoire à risque important d'inondation, parmi d'autres cas que la loi énumère[5]. Le code en fixe le contenu : l'identification des enjeux et le recensement des personnes vulnérables, l'organisation de l'alerte et de l'information, l'inventaire des moyens propres de la commune, dont l'hébergement et le ravitaillement, et l'organisation du poste de commandement communal. Le plan fait l'objet d'un arrêté du maire, doit être testé par des exercices et révisé dans un délai qui ne peut excéder cinq ans[2]. C'est ce plan qui dit quelle salle des fêtes ouvrira, qui ira frapper chez les personnes âgées, et comment la mairie tiendra la liste des habitants évacués.
Le plan ORSEC et le centre opérationnel départemental
Le plan ORSEC départemental est arrêté par le préfet. Ses dispositions générales organisent la veille, la mobilisation, la coordination et le commandement, ainsi que les procédures d'alerte des collectivités et des populations ; ses dispositions spécifiques, dont celles consacrées aux inondations, fixent les effets à obtenir et les moyens adaptés à chaque risque[1]. La chaîne de commandement comporte une structure fixe, le centre opérationnel départemental, installé à la préfecture, et, si besoin, un ou plusieurs postes de commandement opérationnels sur le terrain[1].
Dans le COD, les services se parlent au même moment : sapeurs-pompiers, gendarmerie et police, agence régionale de santé, direction des territoires, gestionnaires d'électricité, d'eau et de routes, associations agréées. Quand la crise dure, la zone de défense et de sécurité, échelon supérieur, organise les renforts venus d'autres départements et, le cas échéant, la demande de concours aux armées ou au mécanisme européen de protection civile.
Ce que cela coûte
Le rapport sénatorial sur les crues du Nord et du Pas-de-Calais évalue le coût des secours à 4,1 millions d'euros pour les deux départements, dont 1,8 million pour le seul service d'incendie du Pas-de-Calais[3]. Ce chiffre ne comprend ni les dommages ni la reconstruction : il mesure l'effort de la chaîne de secours elle-même.
Et l'alerte ?
Le commandement ne sert à rien si la population n'est pas prévenue. L'alerte sur les téléphones, les sirènes et les messages des médias complètent ce dispositif[4] ; la fiche FR-Alert et sirènes explique comment elle vous parvient. Pour ce qui vous concerne directement quand l'ordre tombe, lisez évacuer correctement.
Questions fréquentes
Qui décide d'une évacuation ?
Le directeur des opérations de secours : le maire tant que la crise reste dans sa commune, le préfet quand il prend la direction des opérations, notamment en déclenchant le plan ORSEC. Les sapeurs-pompiers et les forces de l'ordre exécutent la décision et tiennent les barrages.
Toutes les communes ont-elles un plan communal de sauvegarde ?
Non. Il est obligatoire notamment pour les communes dotées d'un plan de prévention des risques naturels prescrit ou approuvé et pour celles situées dans un territoire à risque important d'inondation ; il est arrêté par le maire et révisé au moins tous les cinq ans. Il recense les personnes vulnérables, organise l'alerte et prévoit les moyens d'hébergement.
Que se passe-t-il dans un COD ?
Le centre opérationnel départemental est la structure fixe de la chaîne de commandement, à la préfecture. Autour du préfet ou de son représentant s'y retrouvent pompiers, gendarmerie, police, agences de l'État, gestionnaires de réseaux et associations, pour partager la situation et décider. Sur le terrain, un ou plusieurs postes de commandement opérationnels relaient ses décisions.