La Sécurité civile n'a pas le monopole du ciel pendant une crue. Les Forces aériennes de la Gendarmerie nationale, créées en 1953 et commandées depuis Vélizy-Villacoublay, alignent une soixantaine d'hélicoptères bleus répartis sur trente sections aériennes, dont vingt-quatre en métropole[1][4]. En 2024, leurs 400 pilotes et mécaniciens navigants ont réalisé 16 373 missions et assisté ou secouru plus de 6 000 personnes[3]. Une part de ces vols se fait au-dessus de l'eau : reconnaître un village coupé, chercher une personne emportée, treuiller une famille depuis un toit.

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À la radio, ces appareils s'annoncent « Choucas » suivi du numéro du département où ils sont basés[5] : Choucas 74 est l'EC145 de Chamonix[1], Choucas 04 celui des Alpes-de-Haute-Provence, médicalisé depuis 2020[6]. Comme pour les Dragon, le nom suit la base et non la machine.
Reconnaître, chercher, treuiller : le rôle des Choucas en crue
Trois missions reviennent dans chaque crue. La reconnaissance d'abord : un hélicoptère qui survole des villages et des hameaux dit au commandement où l'eau est, quelles routes sont coupées et où des habitants attendent ; l'EC135, avec sa caméra et son projecteur, est l'appareil de surveillance par excellence[1]. La recherche de personnes ensuite, métier ordinaire de la Gendarmerie, qui devient vital quand quelqu'un a été emporté par un courant ou n'a plus donné de nouvelles. L'hélitreuillage enfin, réservé aux situations où l'embarcation ne passe plus : tous les appareils de la flotte sont équipés d'un treuil[1], et l'EC145 est classé par la Gendarmerie comme appareil de sauvetage et d'intervention, quand l'EC135 et l'Écureuil relèvent de la surveillance et de l'intervention[2].
Dans l'Aude, dans la nuit du 14 au 15 octobre 2018, la crue a surpris les habitants chez eux. Sur les 141 hélitreuillages réalisés dans la journée du 15[7], plus de soixante l'ont été par des équipages de la Gendarmerie, avec des hélicoptères venus des sections de Montpellier, Pamiers, Toulouse et Hyères, aux côtés de quatre appareils de la Sécurité civile[8]. Ces appareils volent sous l'autorité du commandant des opérations de secours, comme les Dragon : la chaîne de décision est décrite dans la fiche sur le commandement de la crise.
Les Forces aériennes de la Gendarmerie nationale
Les Forces aériennes de la Gendarmerie sont organisées en sept forces aériennes zonales et trente sections aériennes, dont six outre-mer, complétées par deux détachements saisonniers[2]. La flotte comptait en 2022 56 hélicoptères, 15 EC145, 15 EC135 et 26 Écureuil[2] ; en 2025, elle a réalisé 15 478 missions et 17 004 heures de vol[1]. Les EC145 sont surtout basés en montagne, Pyrénées, Alpes, Corse et Réunion, où ils assurent le secours toute l'année : sur le seul mois de janvier 2024, Choucas 04 a réalisé 221 interventions médicalisées[6].

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Le renouvellement est engagé : six H145 D3 commandés fin 2023 et dix H160 commandés en 2021 entrent en service, le premier H145 D3 volant depuis Lille-Lesquin sous l'immatriculation F-MJAB[1]. Ces livraisons intéressent directement les crues de plaine du Nord : lors de celles du Pas-de-Calais, en 2023 et 2024, aucun hélicoptère Dragon de la Sécurité civile n'était affecté à la zone de défense Nord, constate le Sénat[15].
Repérer un Choucas sur la carte
Ces appareils forment, sur notre carte en direct, la famille « Gendarmerie nationale ». La carte les reconnaît à une immatriculation en F-MJ portée par un hélicoptère, à l'indicatif CHOUCAS ou GENDAR, ou à CHX suivi du numéro, forme raccourcie du message radio, mais seulement sur une adresse technique française : en Autriche et en Allemagne, CHX désigne des hélicoptères sanitaires[14]. Le code de type transmis est EC35 pour un EC135, EC45 pour un EC145, AS50 pour un Écureuil. Vu du sol, la livrée est d'un bleu profond, avec l'inscription « Gendarmerie » en blanc ; l'EC135 est plus petit et plus arrondi que l'EC145, dont la cabine est plus haute.
Visible ou non : les Choucas sur la carte
Les Choucas apparaissent souvent sur la carte, comme les Dragon, dès qu'ils volent bas, à dix kilomètres au plus d'un événement en cours. Une recherche de personne le long d'une rivière se lit comme une trace qui suit le cours d'eau à faible altitude ; une reconnaissance, comme une boucle au-dessus des villages. Mais un appareil peut voler sans être capté, derrière un relief ou loin des récepteurs bénévoles, et nous ne complétons jamais une trace manquante. La fiche sur notre suivi des hélicoptères explique pourquoi une carte vide n'est pas une carte en panne.
Des inondations où les Choucas ont volé
Xynthia, février 2010. En Charente-Maritime, un hélicoptère de la Gendarmerie figurait parmi les dix appareils engagés ; en Vendée, il était même le seul disponible au début de la catastrophe, avant l'arrivée de quatre appareils de la Sécurité civile et d'un hélicoptère de la Marine[11].
Var, juin 2010. Ses hélicoptères figuraient parmi les 26 appareils de cinq administrations qui ont assuré 1 350 sauvetages aériens en deux jours[12].
Alpes-Maritimes, tempête Alex, octobre 2020. Cinq appareils des Forces aériennes de la Gendarmerie, trois EC145, un EC135 et un Écureuil, ont été engagés dans les vallées[9]. La Gendarmerie chiffre son engagement à 1 500 personnes évacuées et 800 secourues, pour 200 heures de vol de ses hélicoptères, dont 140 personnes mises en sécurité par les gendarmes à Saint-Martin-Vésubie la nuit de la catastrophe[10].
Pyrénées, septembre 2024. Dans la nuit du 6 au 7 septembre, après de violents orages, l'EC145 de la section aérienne de Tarbes et l'Écureuil de celle de Bayonne ont appuyé les recherches et les secours[13].
Appareils de cette famille suivis par la carte
Liste en cours de constitution : le registre des appareils de la famille « Gendarmerie nationale » n'est pas encore publié. Le tableau (immatriculation, modèle, base, indicatif, statut) sera généré ici automatiquement dès qu'il existera, sans être recopié à la main.
Sur la carte en direct
Sur la carte des inondations, calque « Hélicoptères », un Choucas apparaît avec la même silhouette qu'un Dragon mais sous sa propre famille, indiquée dans la bulle avec l'indicatif, l'altitude et l'événement à proximité. Les appareils de la Sécurité civile ont leur propre fiche, Dragon EC145 et H145, et ceux des armées la fiche Caïman, Puma, Cougar, Caracal.
Questions fréquentes
Un hélicoptère bleu foncé au-dessus d'une zone inondée, c'est bien la Gendarmerie ?
Le plus souvent, oui. Les EC135, les EC145 et les Écureuil des Forces aériennes de la Gendarmerie nationale portent une livrée bleue et une immatriculation militaire commençant par F-MJ. À la radio, ils s'annoncent Choucas suivi du numéro de leur département : Choucas 74 pour l'EC145 basé à Chamonix, par exemple.
Quelle différence entre un EC135 et un EC145 de la Gendarmerie ?
L'EC135 est le plus léger et le plus nombreux hors montagne : caméra, projecteur et treuil en font l'appareil de surveillance et d'intervention. L'EC145, plus gros, est l'appareil de sauvetage et d'intervention, basé surtout dans les Pyrénées, les Alpes, en Corse et à La Réunion, où il assure le secours en montagne toute l'année. Tous les appareils de la Gendarmerie disposent d'un treuil.
La Gendarmerie fait-elle du secours comme la Sécurité civile ?
Oui, mais ce n'est pas son seul métier. Ses hélicoptères servent d'abord à la surveillance, à la poursuite des malfaiteurs et à la recherche de personnes disparues ; en montagne, ils assurent aussi le secours à personne. Pendant une inondation, ils font de la reconnaissance et de l'hélitreuillage au même titre que les Dragon, sous le même commandement des secours.