Sur les 105 SAMU français, 53 mettent en œuvre un hélicoptère, presque toujours exploité par une compagnie privée sous contrat avec l'hôpital : EC135, H135, EC145, H145 ou AW109, pour environ 13 000 interventions par an, à 80 % des sorties vers le lieu d'un accident et à 20 % des transferts entre hôpitaux[1]. Pendant une inondation, ces appareils volent comme les autres jours, et parfois davantage : ils transportent des blessés, des malades dont la route est coupée, des patients d'un établissement évacué. On les voit donc près des crues, et il faut savoir les distinguer.

Photo : Marie-Lan Taÿ Pamart, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
Pourquoi ils ne sont pas des moyens d'inondation
La doctrine de la Sécurité civile sépare deux mondes. Les flottes d'État, Sécurité civile et Gendarmerie, et les flottes civiles, les Hélismur exploités par des compagnies aériennes privées, obéissent à deux législations distinctes. Le vol pendant la nuit aéronautique, le poser sur un terrain de circonstance et le treuillage relèvent des aéronefs d'État ou assimilés, selon leurs qualifications et autorisations, et cette catégorie des assimilés comprend certains SAMU ainsi que des appareils sous contrat de l'État ou des collectivités[2]. D'autres Hélismur volent 24 heures sur 24, selon leurs capacités et les contrats passés avec les agences régionales de santé : de nuit, ils se posent sur des aires reconnues et éclairées, un stade ou une aire aménagée, avec un pilote et un assistant de vol, pour transporter des patients[2]. Un hélicoptère sanitaire ne vient donc pas, en règle générale, vous chercher sur un toit : il prend le relais une fois que l'hélitreuillage, décrit dans la fiche sur le sauvetage héliporté, a mis la personne en sécurité.
Cette frontière a une conséquence pratique. Dans le Pas-de-Calais, pendant les crues de l'hiver 2023, la zone de défense Nord ne comptait aucun Dragon, et les trois seuls hélicoptères disponibles étaient ceux de l'aide médicale d'urgence de Lille, Arras et Amiens[3] ; le Sénat constate que les moyens aériens se sont révélés insuffisants[3], et c'est un Dragon venu de la Manche qui a renforcé le département. La fiche Dragon EC145 et H145 raconte cet épisode.
Il y a enfin une question de commandement. Pendant Xynthia, le SAMU a engagé des moyens aériens sans en informer le commandement des secours[4] : ses hélicoptères répondent au régulateur médical, pas au poste de commandement de la crise, ce qui est normal pour un transport de patient et problématique pour un sauvetage.
Comment la carte traite les hélicoptères sanitaires
Notre carte en direct les classe dans la famille « hélicoptères sanitaires (SAMU) ». La carte les reconnaît à un indicatif commençant par SAMU, HEMS, HELIMED ou un terme assimilé, porté par un hélicoptère[5]. Vus du sol, ils sont le plus souvent blancs avec des marques rouges ou bleues et le nom du SAMU sur le flanc, et ils décollent d'un hôpital plutôt que d'une base. Ils ne sont dessinés qu'à basse altitude, sous 3 000 pieds, et dans les dix kilomètres d'un événement en cours[5] : un SAMU au-dessus d'une ville sans inondation reste invisible, un SAMU qui évacue un patient depuis une commune inondée apparaît, avec sa famille indiquée dans la bulle pour qu'on ne le prenne pas pour un Dragon. Ils sont exclus des « moyens engagés » que la carte rattache à un événement et des alertes qui en découlent[5] : un SAMU en vol stationnaire près d'une crue n'ouvre jamais la mention d'un sauvetage.
Appareils de cette famille suivis par la carte
Liste en cours de constitution : le registre des appareils de la famille « hélicoptères sanitaires (SAMU) » n'est pas encore publié. Le tableau (immatriculation, modèle, base, indicatif, statut) sera généré ici automatiquement dès qu'il existera, sans être recopié à la main.
Sur la carte en direct
Un hélicoptère sanitaire visible sur la carte des inondations signale une évacuation médicale en cours, pas un sauvetage dans l'eau. Pour comprendre d'où vient chaque position et pourquoi certains appareils manquent, lisez la fiche sur notre suivi des hélicoptères.
Questions fréquentes
L'hélicoptère du SAMU peut-il venir me chercher sur mon toit ?
En règle générale, non. Le treuillage et le poser sur un terrain de circonstance relèvent des aéronefs d'État ou assimilés, une catégorie qui inclut certains SAMU selon leurs qualifications et autorisations. Les autres hélicoptères sanitaires transportent des patients, de jour ou, pour ceux qui volent 24 heures sur 24, de nuit sur des aires reconnues et éclairées. Un SAMU intervient une fois la personne mise en sécurité, pour la transporter vers l'hôpital ; le sauvetage lui-même est l'affaire des Dragon, de la Gendarmerie et des armées.
Pourquoi la carte montre-t-elle un SAMU près d'une crue mais pas au-dessus d'une grande ville ?
Parce que notre règle n'affiche un hélicoptère que bas et proche d'un événement en cours. Un SAMU qui rejoint son hôpital en dehors de toute inondation est masqué comme n'importe quel transit ; près d'une zone inondée, il apparaît, avec sa famille indiquée dans la bulle, pour que personne ne le prenne pour un Dragon.