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Beech 200 « Bengale » : l'avion de reconnaissance de la Sécurité civile sur une inondation

Un petit bimoteur blanc à liseré rouge et jaune peut tourner longtemps au-dessus d'une plaine inondée sans jamais descendre : c'est le Beechcraft King Air 200 de la Sécurité civile, indicatif Bengale. Connu pour diriger les largages sur les feux de forêt, il a été engagé en reconnaissance sur les crues du Pas-de-Calais et du Nord en 2023. Cette fiche dit ce qu'il fait là-haut, et comment notre carte reconnaît son orbite.

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Mis à jour le 25 septembre 2026Vérifié le 25 septembre 20261 641 motsCatégorie : Les moyens de secours déployés pendant une inondation

Sommaire
  1. Ce qu'il fait au-dessus d'une inondation
  2. Qui le met en œuvre
  3. Repérer le Beech sur la carte
  4. Le seul exemple documenté, et ce que nous en ignorons
  5. Appareils de cette famille suivis par la carte
  6. Questions fréquentes

La Sécurité civile possède trois Beechcraft King Air 200, tous basés à Nîmes-Garons. Le Sénat les décrit sans détour : ces avions « ne disposent d'aucune capacité de largage d'eau », et leurs missions sont la coordination des opérations aériennes, la surveillance, le guet aérien armé pendant la saison des feux et, si nécessaire, le transport de personnels vers des zones difficiles d'accès[1]. Deux d'entre eux portent sous le ventre une boule optronique qui réunit caméra thermique, caméra couleur et capteurs de faible lumière[3][4] : c'est elle qui intéresse les inondations.

Bimoteur Beechcraft King Air blanc à liseré jaune et rouge, immatriculé F-ZBMB, roulant sur une piste en herbe
Beechcraft B200 Super King Air de la Sécurité civile à l'aérodrome d'Aubenas Ardèche méridionale, le 20 mars 2024.
Photo : Kakoula10, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Car un avion qui voit la chaleur voit aussi l'eau froide qui s'étale dans la nuit, la digue qui cède et la maison encore habitée au milieu d'un champ noyé. Cette fiche explique ce que le Beech fait au-dessus d'une crue, à partir du seul engagement documenté, et pourquoi notre carte le montre rarement.

3King Air 200Bengale 96, 97 et 98, Nîmes-Garons[1]
0 litrede capacité de largageaucune soute, aucun treuil[1]
2boules optroniquessur trois avions[3]
1 500 md'altitude d'orbite1 680 à 1 830 m en reconnaissance[3]
8 000 ftplafond d'affichage pour un avion de reconnaissanceenviron 2 400 m, contre 3 000 ft pour un hélicoptère[12]

Ce qu'il fait au-dessus d'une inondation

Le 3 décembre 2023, en pleine deuxième vague de crues dans le Pas-de-Calais et le Nord, la Sécurité civile a indiqué qu'« un Beech a été mobilisé en appui des sapeurs-pompiers pour des opérations de reconnaissance », précisant qu'il « peut grâce à sa boule optronique réaliser des images qui sont ensuite exploitées pour analyser la situation »[2]. C'est le rôle qu'il tient sur un feu, transposé à l'eau : produire depuis 1 680 à 1 830 mètres d'altitude, l'étage de reconnaissance cité par la presse spécialisée[3], des images dont chaque point est repéré en coordonnées géographiques, que le poste de commandement compare d'une heure à l'autre pour voir où l'eau progresse, où les pompes de grande capacité doivent aller et quels hameaux restent coupés. Le capteur thermique donne un avantage la nuit et sous une couche nuageuse basse, quand un hélicoptère de reconnaissance ne verrait rien.

Ce qu'il ne fait pas mérite d'être dit aussi clairement. Il ne treuille personne, ne se pose pas dans un pré et n'emporte pas de sauveteurs sur un toit : ce travail est celui des Dragon et des hélicoptères de la Gendarmerie et des armées. Et nous n'avons trouvé aucune source décrivant une mission de coordination des hélicoptères confiée au Beech pendant une crue. Sur les feux, un coordinateur embarqué distribue les cibles aux bombardiers d'eau sous l'indicatif Icare[5] ; sur les inondations documentées, la coordination des appareils s'est faite depuis le sol, à la tour de contrôle du Luc pendant les crues du Var en juin 2010, ou, en septembre 2002 dans le Gard, depuis un avion de patrouille maritime de la base aéronavale de Nîmes-Garons qui avait pris l'initiative de réguler un ballet d'hélicoptères incapables de se parler[11]. Le précédent existe donc, mais avec un autre avion.

Qui le met en œuvre

Les trois appareils appartiennent à la Sécurité civile, service du ministère de l'Intérieur, et sont pilotés par les équipages de sa base d'avions de Nîmes-Garons. Achetés d'occasion, ils accusaient en 2023 un âge moyen de 38 ans et 6 mois, ce qui ne les empêchait pas d'afficher une disponibilité de 95,7 % en 2022, la meilleure des avions de l'État cette année-là, pour un coût horaire de 5 288 euros[1]. Sur un feu, un officier de sapeurs-pompiers embarque pour la reconnaissance et un pilote de bombardier d'eau pour la coordination[5] ; sur une crue, la Sécurité civile parle d'un appui aux sapeurs-pompiers[2], sans préciser qui lit les images à bord.

Beechcraft King Air F-ZBMB de la Sécurité civile en vol, train sorti, sur un ciel gris bleu
Beech B200 Super King Air de la Sécurité civile en posé-décollé à l'aérodrome d'Aubenas Ardèche méridionale, en février 2025.
Photo : Kakoula10, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Repérer le Beech sur la carte

Sur notre carte en direct, le Beech relève de la famille « avions de reconnaissance de la Sécurité civile » du registre des appareils. La carte le reconnaît à son indicatif, Bengale 96, 97 ou 98, que le message radio raccourcit en BENGA96 faute de place, huit caractères seulement[9], ou à son immatriculation : F-ZBFK pour Bengale 96, F-ZBMB pour Bengale 97, F-ZBFJ pour Bengale 98, d'après des photographies de passionnés[6][7][8]. Son code de type est BE20[10]. Vu du sol, c'est un bimoteur à hélices blanc, à liseré rouge et jaune, aux ailes basses, bien plus petit qu'un avion de ligne, qui décrit de larges cercles réguliers à altitude constante.

Un plafond relevé pour l'avion, une orbite lue dans la trace

Le Beech émet sa position et vole assez haut pour être capté de loin par les récepteurs bénévoles : techniquement, c'est l'un des appareils les plus faciles à suivre. Les hélicoptères ne sont dessinés qu'en dessous de 3 000 pieds ; pour un avion de reconnaissance, la carte porte ce plafond à 8 000 pieds, environ 2 400 mètres, ce qui couvre les orbites d'un Beech, vers 1 500 mètres en coordination et de 1 680 à 1 830 mètres en reconnaissance[3][12]. Reste la seconde condition, commune à tous les appareils : voler à moins de 10 kilomètres d'un événement d'eau déjà connu de la carte[12]. Un Beech qui reconnaît une plaine où rien n'est encore signalé n'apparaît pas, et nous préférons écrire cette limite que la laisser deviner. Quand il est visible, sa trace est lue : au moins huit minutes de cercles dans un rayon de huit kilomètres sont décrits comme une « reconnaissance », un fait mesuré, jamais une mission affirmée[12]. La fiche sur notre suivi des hélicoptères explique ces règles et leurs raisons.

Le seul exemple documenté, et ce que nous en ignorons

Le Pas-de-Calais de l'hiver 2023 reste, dans nos recherches, la seule inondation où l'engagement du Beech est attesté par une source officielle[2]. Nous ignorons combien de vols ont eu lieu, sur quelles communes, pendant combien de jours, et si l'appareil engagé portait la boule optronique. Nous ne savons pas non plus si ce type de mission a été renouvelé lors des crues suivantes. Plutôt que de deviner, cette fiche sera complétée quand une préfecture ou la Sécurité civile publiera un bilan. Ce que le poste de commandement fait de ces images est décrit dans la fiche sur le commandement de la crise.

Appareils de cette famille suivis par la carte

Ce tableau est produit automatiquement, à chaque génération de la page, depuis le registre des appareils que la carte utilise pour reconnaître un hélicoptère ou un avion quand il émet sa position : 3 appareils de la famille « avions de reconnaissance de la Sécurité civile ». Ce n'est pas un inventaire officiel des flottes.

Registre de la carte, famille « avions de reconnaissance de la Sécurité civile », 3 entrées
ImmatriculationModèleBaseIndicatifStatut
F-ZBFJBeechcraft King Air 200code BE20Nîmes-Garonsnon renseignéen serviceBeechcraft B200 de la Sécurité civile (photographie Planespotters citée par la fiche Bengale) ; numéro Bengale non établi.
F-ZBFKBeechcraft King Air 200code BE20Nîmes-GaronsBENGALE 96en serviceAvion de coordination et de reconnaissance ; indicatif ADS-B tronqué BENGA96 (photographie Flickr citée par la fiche Bengale de carteincendiefrance.fr).
F-ZBMBBeechcraft King Air 200code BE20Nîmes-GaronsBENGALE 97en serviceIndicatif ADS-B tronqué BENGA97 (photographie Flickr citée par la fiche Bengale de carteincendiefrance.fr).

Une immatriculation absente de cette liste peut tout de même apparaître sur la carte grâce aux règles d'indicatif et de type ; une immatriculation présente ne vole pas forcément aujourd'hui. Pour voir ce qui est en l'air maintenant : la carte en direct, calque « Hélicoptères ».

Sur la carte en direct

Quand un Beech orbite sous 8 000 pieds à proximité d'une zone inondée connue de la carte, il apparaît sur la carte des inondations avec une silhouette d'avion, son indicatif dans la bulle et, si sa trace le permet, la mention « reconnaissance ». Les hélicoptères, plus bas, restent l'essentiel de ce que montre le calque « Hélicoptères » : la fiche Dragon EC145 et H145 est la bonne porte d'entrée.

Questions fréquentes

Un avion qui tourne en rond au-dessus de ma commune inondée, à quoi sert-il ?

S'il s'agit du Beech de la Sécurité civile, il observe : sa boule optronique produit des images, y compris thermiques, que le poste de commandement exploite pour savoir où l'eau est, où elle monte et où envoyer les pompes et les embarcations. Il ne largue rien et ne treuille personne. Un autre avion peut aussi être un appareil de presse ou de loisir ; seul l'indicatif ou l'immatriculation permet de trancher.

Comment la carte reconnaît-elle une reconnaissance du Beech ?

À sa trace. Le plafond d'affichage, fixé à 3 000 pieds pour un hélicoptère, est porté à 8 000 pieds pour un avion de reconnaissance, ce qui couvre les orbites du Beech, entre 1 500 et 1 830 mètres environ selon la mission. Au moins huit minutes de cercles dans un rayon de huit kilomètres sont alors décrits comme une reconnaissance, un fait mesuré et non une mission affirmée. Il faut toutefois qu'un événement d'eau soit connu de la carte à moins de dix kilomètres : ailleurs, l'avion reste masqué, comme tout appareil en transit.

Le Beech coordonne-t-il les hélicoptères pendant une inondation, comme il coordonne les Canadair sur un feu ?

Nous n'en avons pas trouvé de preuve. Le seul engagement documenté sur une crue, dans le Pas-de-Calais en 2023, est une mission de reconnaissance en appui des sapeurs-pompiers. La coordination des hélicoptères s'est faite jusqu'ici depuis le sol, comme à la tour de contrôle du Luc pendant les crues du Var en 2010, ou, une fois, depuis un avion de la Marine parti de Nîmes en 2002.

18 · 112

En cas d'urgence, appelez le 18 ou le 112 (114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes). Cette page informe ; elle ne remplace aucune consigne officielle : vigilance.meteofrance.fr, vigicrues.gouv.fr, votre préfecture et votre mairie.

À lire ensuite

Sources et dernière vérification

Dernière vérification des faits de cette page : 25 septembre 2026. Publication : 25 septembre 2026. Mise à jour : 25 septembre 2026.

  1. Sénat, rapport d'information n° 838 (2022-2023), « Sécurité civile : des moyens aériens à la hauteur des enjeux ? » (consulté le 25 septembre 2026) : trois King Air 200 sans aucune capacité de largage, missions de coordination des opérations aériennes, de surveillance et de guet aérien armé, transport de personnels vers des zones difficiles d'accès, âge moyen de 38 ans et 6 mois, disponibilité de 95,7 % en 2022, 5 288 euros l'heure de vol
  2. Sécurité civile (compte officiel sur le réseau X), message du 3 décembre 2023 sur la mobilisation d'un Beech pour des reconnaissances lors des inondations du Pas-de-Calais et du Nord (consulté le 25 septembre 2026) : « un Beech a été mobilisé en appui des sapeurs-pompiers pour des opérations de reconnaissance ; il peut grâce à sa boule optronique réaliser des images qui sont ensuite exploitées pour analyser la situation » ; le réseau social refuse la lecture automatisée, texte cité d'après l'extrait indexé par les moteurs de recherche
  3. Futura-Sciences, « Ils sont indispensables : ces avions méconnus orchestrent toute la bataille contre les incendies » (27 juillet 2026) (consulté le 14 septembre 2026) : deux avions sur trois équipés d'une boule optronique Star SAFIRE 380-HDc, altitudes de reconnaissance entre 1 680 et 1 830 mètres et de coordination autour de 1 500 mètres
  4. Teledyne FLIR Defense, fiche produit Star SAFIRE 380-HDc (consulté le 14 septembre 2026) : caméra thermique, caméra couleur, capteurs faible lumière et proche infrarouge, suivi automatique de cibles
  5. Pélican Photos Presse, « Quel rôle le Beechcraft 200 Super King Air de la Sécurité civile joue-t-il dans la lutte contre les feux de forêts ? » (consulté le 14 septembre 2026) : indicatifs Bengale, Bengale Investigation et Icare selon la mission, orbite vers 5 000 pieds
  6. Flickr, M. Duthet, photographie de F-ZBFK « Bengale 96 » (consulté le 14 septembre 2026)
  7. Flickr, zanatany2b, photographie de F-ZBMB « Bengale 97 » (consulté le 14 septembre 2026)
  8. Planespotters, photographie de F-ZBFJ, Beechcraft B200 King Air de la Sécurité civile (Bengale 98) (consulté le 14 septembre 2026)
  9. Junzi Sun, The 1090 MHz Riddle, chapitre « Aircraft identification » (huit caractères pour l'indicatif ADS-B) (consulté le 14 septembre 2026)
  10. SKYbrary (Eurocontrol), fiche du type BEECH 200 Super King Air (BE20) (consulté le 17 septembre 2026) : code BE20, croisière 260 nœuds, distance franchissable 1 600 milles nautiques
  11. CGEDD et Inspection générale de l'administration, « Retour d'expérience des inondations survenues dans le département du Var les 15 et 16 juin 2010 » (octobre 2010, PDF) (consulté le 25 septembre 2026) : coordinateur hélicoptères à la tour de contrôle du Luc dès le 15 juin 2010 ; annexe sur le Gard en 2002 : un Bréguet de la base aéronavale de Nîmes-Garons a régulé le ballet des hélicoptères qui ne pouvaient pas communiquer entre eux
  12. Carte des inondations, règles d'affichage des appareils (code de la carte, vérifié le 25 septembre 2026) (consulté le 25 septembre 2026) : affichage sous 3 000 pieds, porté à 8 000 pieds pour un avion de reconnaissance, et à moins de 10 km d'un événement en cours ; orbite d'au moins 8 min dans un rayon de 8 km lue comme une reconnaissance

Ce que nous ne savons pas avec certitude

  • Un seul engagement du Beech sur une inondation est documenté, par un message de la Sécurité civile du 3 décembre 2023 ; nous ignorons combien de vols ont eu lieu, sur quelles communes et pendant combien de jours.
  • Nous ne savons pas laquelle des trois cellules a volé dans le Pas-de-Calais, ni si elle portait la boule optronique.
  • Aucun document consulté ne décrit une mission de coordination des hélicoptères confiée au Beech pendant une crue ; nous n'extrapolons pas son rôle sur les feux de forêt aux inondations.

Qui écrit cette page, et comment

Éditeur
E.repare, à Gujan-Mestras (Gironde), qui édite la carte des inondations et la carte des feux de forêt. Voir qui sommes-nous et la méthodologie de la carte.
Méthode
Chaque chiffre est relié à une source citée en bas de page, avec sa date de consultation. Quand une donnée n'est pas publique ou contradictoire, nous le disons plutôt que de trancher, et nous écrivons sans chiffre.
Limites
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