Le secours ne s'arrête pas quand la personne est sortie de l'eau. Il faut un endroit chaud, un repas, une couverture, de quoi recharger un téléphone, quelqu'un à qui parler, et plus tard une aide pour nettoyer. Cette partie de la réponse revient largement aux associations agréées de sécurité civile, au premier rang desquelles la Croix-Rouge française, qui se présente comme un acteur opérationnel majeur des situations d'exception, pour une prise en charge globale des sinistrés et dans la post-urgence[2].
Un exemple concret : cinq centres pour 500 personnes
Après les fortes pluies du 18 juin 2013 dans le Sud-Ouest, la Croix-Rouge a mis en place en Haute-Garonne, dans la nuit suivante, cinq centres d'hébergement d'urgence pouvant accueillir jusqu'à 500 personnes au total, avec une quarantaine de bénévoles mobilisés, tandis qu'une quinzaine restaient engagés dans les Hautes-Pyrénées. C'est la préfecture qui avait sollicité la délégation départementale pour coordonner les associations et héberger les sinistrés, et à Bagnères-de-Luchon l'évacuation s'était faite dans le cadre du plan communal de sauvegarde ; dès le lendemain, des équipes d'évaluation allaient à la rencontre des sinistrés pour préparer l'aide au nettoyage[1].
Ce qui se passe dans un centre d'accueil
Un centre d'accueil est d'abord un lieu sec et chauffé où l'on enregistre les personnes, ce qui permet à la mairie de savoir qui est en sécurité et qui manque. On y trouve des lits de camp, des couvertures, des boissons chaudes et des repas, des prises électriques, une écoute pour ceux qui viennent de tout perdre, et souvent une aide vestimentaire pour ceux qui sont partis sans rien. Les personnes âgées ou malades y sont orientées vers les soins. Dans les jours qui suivent, les équipes des associations participent aux opérations de nettoyage avec les habitants.
L'écoute ne s'arrête pas à la fermeture du centre. Le 116 006, numéro national d'aide aux victimes présenté par le ministère de la Justice, s'adresse aussi aux victimes d'une catastrophe naturelle : gratuit et confidentiel, il est ouvert 7 jours sur 7, de 9 h à 20 h toute l'année, et vous met en relation avec l'association d'aide aux victimes la plus proche de chez vous[5][6]. Ce n'est pas un numéro de secours : pour un danger immédiat, c'est le 18 ou le 112.
Le plan communal de sauvegarde, que la commune est tenue de préparer, recense à l'avance les moyens d'hébergement et de ravitaillement disponibles[4] : gymnases, salles polyvalentes, écoles. C'est lui qui dit où l'on ira avant même que la crue arrive.
Ce que vous pouvez préparer
La Croix-Rouge recommande à chaque foyer un sac d'urgence couvrant les besoins vitaux pendant quelques jours, soit 48 à 72 heures d'autonomie, la durée qu'il faut aux secours pour se déployer au début d'une crise[3] : eau, papiers dans une pochette étanche, médicaments, radio à piles. La fiche le kit d'urgence de 72 heures détaille la liste officielle. Un centre d'accueil est fait pour compléter ce sac, pas pour le remplacer.
Sur la carte
Il n'existe aucune liste publique et en temps réel des centres d'accueil ouverts. Nous les affichons uniquement quand un habitant les signale ou qu'un article de presse les mentionne, et nous le disons sur chaque point. Si vous savez qu'un lieu est ouvert, signalez-le : c'est exactement pour cela que le bouton existe.
Questions fréquentes
Comment savoir où se trouve le centre d'accueil ouvert près de chez moi ?
Par la mairie et la préfecture, qui l'annoncent par FR-Alert, sur leurs sites, à la radio et par les pompiers ou les gendarmes qui vont de porte en porte. Il n'existe aucune liste nationale en temps réel des centres ouverts : notre carte ne les connaît que par les signalements d'habitants et la presse.
Peut-on aider sur place sans être bénévole ?
Le mieux est de se rapprocher de la délégation locale de la Croix-Rouge ou de la mairie, qui savent où les bras manquent. Se présenter spontanément dans une zone inondée gêne parfois plus qu'elle n'aide, et met en danger la personne qui vient.
La Croix-Rouge remplace-t-elle les pompiers ?
Non. Ses équipes de secours sont formées et agréées, mais elles interviennent en appui des pouvoirs publics, dans un cadre fixé par la préfecture. Le sauvetage dans l'eau reste aux sapeurs-pompiers ; l'accueil, l'hébergement et le soutien reviennent aux associations.