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Assurance et catastrophe naturelle : ce que vous devez faire, et dans quel délai

En France, une inondation est indemnisée par un régime à part, dit Cat Nat, qui s'ouvre quand un arrêté ministériel reconnaît l'état de catastrophe naturelle dans votre commune. Ses règles sont précises : un délai pour déclarer, une franchise fixe, des délais pour être payé.

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Mis à jour le 25 septembre 2026Vérifié le 25 septembre 2026828 motsCatégorie : Se préparer, réagir, revenir

Sommaire
  1. La séquence, jour par jour
  2. Ce qui reste à votre charge
  3. Ce que le régime coûte à tous
  4. Le bon usage de l'indemnité
  5. Questions fréquentes

Le régime des catastrophes naturelles repose sur trois conditions : l'état de catastrophe naturelle doit avoir été constaté par un arrêté interministériel publié au Journal officiel, les biens doivent être assurés par un contrat couvrant les dommages, et le lien entre l'événement et le dommage doit être établi[1][2]. C'est un régime public : la Caisse centrale de réassurance, réassureur public avec la garantie de l'État, couvre de façon illimitée les assureurs qui y participent[2].

La séquence, jour par jour

  1. Dès le sinistre : prévenir son assureur, photographier, conserver les preuves. La reconnaissance, elle, est demandée par la commune : le maire recense les dommages subis sur son territoire et dépose la demande auprès du préfet, au plus tard vingt-quatre mois après le début de l'événement[1][2]. Signalez donc vos dommages à la mairie pour qu'ils figurent dans ce recensement, et vérifiez que la demande a été déposée. Une commission interministérielle l'examine ; l'arrêté est publié au Journal officiel dans les deux mois suivant le dépôt de la demande[2].
  2. À la publication de l'arrêté : vous disposez de trente jours pour déclarer le sinistre à votre assureur au titre de la catastrophe naturelle, délai en vigueur depuis le 1er janvier 2023[1][2]. Dépassé, le dossier peut être refusé.
  3. L'expertise : l'assureur dispose d'un mois pour vous informer des garanties, puis d'un mois après l'expertise pour proposer une indemnisation ; une fois la proposition acceptée, il a vingt et un jours pour verser l'indemnité, ou un mois pour missionner l'entreprise de réparation[2].
  4. Le paiement : une provision dans les deux mois suivant la remise de l'état estimatif des dommages, ou la publication de l'arrêté si elle est postérieure, puis l'indemnisation complète dans un délai de trois mois[1].
30 jourspour déclarer après l'arrêtédepuis le 1er janvier 2023[2]
380 €de franchise pour une habitation1 520 € pour la sécheresse[1]
2 puis 3 moisprovision puis indemnisationdélais maximaux de l'assureur[1]

Ce qui reste à votre charge

La franchise est fixée par la réglementation : 380 euros pour les habitations ou tout autre bien à usage non professionnel, 1 520 euros si le dommage provient d'un mouvement de terrain consécutif à la sécheresse ou à une réhydratation du sol[1]. Ne sont pas couverts les biens non assurés par le contrat, certains frais indirects, les dommages antérieurs à la catastrophe et certains biens construits en violation des règles de prévention des risques[1]. Toute action tirée du contrat se prescrit par deux ans à compter de l'événement ; le délai n'est porté à cinq ans que pour les dommages dus aux mouvements de terrain consécutifs à la sécheresse-réhydratation des sols[5]. Pour une inondation, c'est donc deux ans. Depuis le 1er novembre 2023, le régime prend aussi en charge le relogement d'urgence lorsque la résidence principale est devenue inhabitable, pour six mois au plus[2].

Ce que le régime coûte à tous

La CCR publie le bilan depuis 1982 : 3,6 millions de sinistres indemnisés hors automobile, 61,2 milliards d'euros de dommages, soit une sinistralité moyenne de 1 424 millions d'euros par an, pour 113,1 millions de biens assurés en 2024 ; parmi ses scénarios extrêmes, une crue centennale de la Seine représenterait 42 milliards d'euros de pertes assurées[3]. Pour les seules inondations, Géorisques reprend l'évaluation de la CCR : 21,6 milliards d'euros entre 1982 et 2020, environ 550 millions d'euros par an[4].

Le bon usage de l'indemnité

L'indemnisation répare ; elle ne protège pas de la prochaine crue. Le moment de la remise en état est celui où les travaux de réduction de la vulnérabilité coûtent le moins cher, puisque les cloisons sont déjà ouvertes. Le fonds Barnier peut les subventionner à 80 %, à condition que le logement soit couvert par un plan de prévention des risques naturels ou par un programme d'actions de prévention des inondations (PAPI)[4]. La fiche batardeaux, sacs de sable et digues les décrit ; celle sur le retour au logement rappelle de tout photographier avant de jeter.

Questions fréquentes

Faut-il attendre l'arrêté pour déclarer le sinistre ?

Non : déclarez tout de suite à votre assureur, comme pour n'importe quel dégât des eaux, en précisant qu'il s'agit d'une inondation. L'arrêté, s'il est pris à la demande de votre commune, fera basculer le dossier dans le régime Cat Nat ; le délai de trente jours après sa publication est une limite, pas un point de départ.

Quelle franchise reste à ma charge ?

Pour une habitation ou un bien à usage non professionnel, 380 euros ; ce montant est fixé par la réglementation et l'assureur ne peut pas y déroger dans le cadre Cat Nat. Il monte à 1 520 euros pour les dommages dus à un mouvement de terrain consécutif à la sécheresse ou à une réhydratation du sol.

Quand serai-je payé ?

L'assureur doit verser une provision dans les deux mois suivant la remise de l'état estimatif des pertes, ou la publication de l'arrêté si elle est postérieure, puis l'indemnisation complète dans un délai de trois mois. Ces délais valent pour un dossier complet.

18 · 112

En cas d'urgence, appelez le 18 ou le 112 (114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes). Cette page informe ; elle ne remplace aucune consigne officielle : vigilance.meteofrance.fr, vigicrues.gouv.fr, votre préfecture et votre mairie.

À lire ensuite

Sources et dernière vérification

Dernière vérification des faits de cette page : 25 septembre 2026. Publication : 24 septembre 2026. Mise à jour : 25 septembre 2026.

  1. Service-public, catastrophe naturelle ou technologique : indemnisation par l'assurance (consulté le 25 septembre 2026) : contrat couvrant les biens, arrêté interministériel au Journal officiel, déclaration au plus tard 30 jours après publication, franchise de 380 euros et de 1 520 euros pour la sécheresse, provision sous 2 mois, indemnisation complète sous 3 mois, dommages exclus ; demande déposée par la commune auprès du préfet, en général dans les 24 mois suivant l'événement ; franchise de 1 520 euros pour un mouvement de terrain consécutif à la sécheresse ou à une réhydratation du sol (page vérifiée le 10 avril 2026)
  2. Caisse centrale de réassurance, portail des catastrophes naturelles : indemnisation (consulté le 25 septembre 2026) : trois conditions, trente jours depuis le 1er janvier 2023, délais d'un mois pour l'assureur, prescription de deux ans portée à cinq pour la sécheresse, réassureur public avec garantie de l'État ; le maire recense les dommages et dépose la demande auprès du préfet sous vingt-quatre mois ; arrêté publié dans les deux mois suivant le dépôt ; vingt et un jours pour verser l'indemnité après accord ; relogement d'urgence pris en charge depuis le 1er novembre 2023, six mois au plus
  3. Caisse centrale de réassurance, chiffres du bilan des catastrophes naturelles 1982-2024 (consulté le 24 septembre 2026) : 3,6 millions de sinistres indemnisés, 61,2 milliards d'euros, 1 424 millions d'euros par an en moyenne, 113,1 millions de biens assurés en 2024, scénario de crue centennale de la Seine à 42 milliards d'euros
  4. Géorisques, réduire la vulnérabilité de ma maison aux inondations (consulté le 25 septembre 2026) : 21,6 milliards d'euros de dommages dus aux inondations entre 1982 et 2020 et 550 millions d'euros par an selon la CCR ; diagnostic et travaux subventionnables par le fonds Barnier si le logement est dans le périmètre d'un PPRN ou d'un PAPI, 80 % pour les travaux
  5. Légifrance, code des assurances, article L114-1 (consulté le 25 septembre 2026) : prescription de deux ans ; par exception, cinq ans pour les dommages résultant de mouvements de terrain consécutifs à la sécheresse-réhydratation des sols reconnus catastrophe naturelle

Ce que nous ne savons pas avec certitude

  • Le taux de la surprime Cat Nat prélevée sur les contrats n'a pas pu être vérifié sur une page officielle accessible ; nous ne le citons pas.
  • Les montants de franchise cités sont ceux de Service-public à la date de vérification ; ils peuvent être révisés par arrêté.

Qui écrit cette page, et comment

Éditeur
E.repare, à Gujan-Mestras (Gironde), qui édite la carte des inondations et la carte des feux de forêt. Voir qui sommes-nous et la méthodologie de la carte.
Méthode
Chaque chiffre est relié à une source citée en bas de page, avec sa date de consultation. Quand une donnée n'est pas publique ou contradictoire, nous le disons plutôt que de trancher, et nous écrivons sans chiffre.
Limites
Ces pages informent les habitants ; elles ne décrivent pas une procédure et ne se substituent à aucune consigne des secours, des préfectures ou des mairies. Elles ne donnent aucun conseil médical. Une erreur ? Écrivez-nous.