La question paraît simple et ne l'est pas. Une maison à un kilomètre d'une rivière tranquille peut être dans son lit majeur ; une autre, au bord d'un ruisseau, peut être à l'abri. Les chiffres nationaux donnent la mesure du problème : 26,7 % de la population française, soit environ 18 millions d'habitants, réside dans l'enveloppe des inondations potentielles par débordement de cours d'eau, et près de 28 % du parc de logements, soit 10,5 millions de logements, s'y trouve ; depuis 2006, 800 000 personnes de plus y habitent[1]. Géorisques résume : deux communes sur trois sont exposées à au moins un risque naturel, et le principal est l'inondation[2].
1. Géorisques, par adresse
Le portail Géorisques propose de connaître les risques près de chez soi en saisissant une adresse[2]. La réponse liste les plans de prévention qui couvrent la parcelle, les arrêtés de catastrophe naturelle passés dans la commune et, pour l'inondation, les cartes disponibles. C'est le premier réflexe, et il prend deux minutes. Le même site aide à remplir l'état des risques, que le vendeur ou le bailleur doit fournir dès que le bien est exposé à un risque naturel, minier, technologique ou au recul du trait de côte[5].
2. Le plan de prévention des risques d'inondation
Le PPRI, quand il existe, est le document qui fait foi : une fois approuvé, il vaut servitude d'utilité publique[8]. Il délimite les zones où l'on ne construit plus, celles où l'on construit sous conditions, et impose parfois des travaux aux logements existants. Il se consulte en mairie et sur Géorisques. Son zonage part d'un aléa de référence, déterminé à partir de l'événement le plus important connu et documenté, ou d'une crue théorique centennale si elle est plus forte[7] ; un quartier peut y figurer sans avoir jamais été inondé de mémoire d'habitant. L'inverse ne vaut pas : être hors du zonage d'un PPRI, ou dans une commune qui n'en a pas, ne met pas à l'abri du ruissellement, qui peut inonder des terrains éloignés de tout cours d'eau, ni d'une remontée de nappe, qui fait sortir l'eau du sol[6].
3. Les repères de crue dans la rue
Un repère de crue matérialise le souvenir d'une inondation passée en indiquant le niveau maximal atteint en un point donné. Depuis la loi de 2003, l'article L563-3 du code de l'environnement oblige le maire à inventorier les repères existants, à en établir pour les crues historiques et exceptionnelles, et à les entretenir ; une plateforme nationale les recense et accepte les contributions de chacun[3]. Une plaque à hauteur d'épaule sur la façade de la mairie dit plus qu'un long discours.
4. Le document d'information communal
Le DICRIM décrit, commune par commune, les risques et les consignes locales : type d'inondation à attendre, lieux d'hébergement en cas d'évacuation, moyens d'alerte. Géorisques recommande de se renseigner en mairie sur le type d'inondation susceptible de survenir et sur les mesures de protection, puis de faire réaliser un diagnostic de vulnérabilité de sa maison[4]. Ce diagnostic est le point de départ des travaux décrits dans la fiche batardeaux, sacs de sable et digues.
Et la carte en direct ?
Elle ne remplace aucune de ces sources : elle montre ce qui se passe maintenant, pas ce qui peut arriver chez vous. Une adresse hors de tout tronçon en vigilance n'est pas une adresse hors d'eau. Pour le vocabulaire des zonages, TRI, AZI, lit majeur, voyez le lexique.
Questions fréquentes
Mon quartier n'a jamais été inondé de mémoire d'homme, suis-je tranquille ?
Pas nécessairement. Les plans de prévention partent de l'événement le plus important connu et documenté, parfois vieux de plus d'un siècle, ou d'une crue théorique centennale si elle est plus forte. Un quartier construit dans les années 1970 sur un champ d'expansion n'a peut-être jamais vu l'eau, mais il est dans le lit majeur de la rivière.
Que vaut un repère de crue gravé sur un mur ?
C'est le niveau maximal atteint par une inondation passée à cet endroit précis, et la loi oblige les maires à inventorier et entretenir ces repères. Levez la tête dans les vieilles rues : une plaque à hauteur de porte vous dit jusqu'où l'eau est déjà montée.
Le vendeur ou le bailleur doit-il me prévenir ?
Oui : un état des risques est annexé à la promesse et à l'acte de vente ou au bail dès que le bien est exposé à un risque naturel, minier, technologique ou au recul du trait de côte, et il mentionne les indemnisations reçues après une catastrophe naturelle. Son existence ne dit pas à elle seule que le logement est inondable, puisqu'il couvre aussi le séisme ou le radon : lisez sa rubrique inondation. Le zonage du plan de prévention, quand il existe, fait foi ; hors de ce plan, ruissellement et remontée de nappe restent possibles.