Géorisques définit les submersions marines comme des inondations temporaires de la zone côtière par la mer[4]. Météo-France précise leur violence : elles peuvent provoquer des inondations sévères et rapides du littoral, des ports et des embouchures de fleuves, les fortes vagues et la surcote du niveau de la mer étant des phénomènes destructeurs dès qu'ils dépassent les protections côtières[1]. Trois ingrédients se combinent.
Marée, surcote, vagues
Le premier est la marée. Son amplitude du jour est résumée par le coefficient publié par le SHOM, disponible port par port avec les horaires de pleine mer[3] : sur les côtes à forte marée, le danger culmine autour de la pleine mer, d'autant plus haute que le coefficient est élevé, mais Météo-France rappelle que la Méditerranée, où la marée est faible, est aussi exposée[1]. Le deuxième est la surcote : une dépression atmosphérique et un vent de mer soulèvent le niveau de l'eau au-dessus de la marée prédite. Elle dépasse parfois le mètre : lors de la tempête Xynthia, le 28 février 2010, la pleine mer attendue à La Rochelle avec un coefficient de 102 était de 6,49 m, l'eau a atteint 8,02 m, soit une surcote de 1,53 m, du jamais vu depuis le début des observations marégraphiques en 1997[6]. Le troisième est la houle : des vagues qui déferlent par-dessus les dunes, les digues et les quais, y ouvrent des brèches et projettent du sable, des galets et des débris.
Quand les trois coïncident, la mer entre dans les terres basses et l'eau ne redescend qu'avec la marée. Xynthia a laissé 47 morts en France[6], et Météo-France souligne que les occupants des habitations sans étage sont particulièrement exposés lors d'événements soudains[1]. Les estuaires sont particulièrement exposés : une crue du fleuve qui rencontre une pleine mer de tempête n'a plus d'exutoire.
Ce que demande la vigilance
Vagues-submersion est l'un des neuf phénomènes de la vigilance de Météo-France, avec une carte pour aujourd'hui et une pour demain publiée à partir de 6 h[5]. Les consignes sont brèves : en orange, ne pas prendre la mer, s'éloigner des côtes et des estuaires, rejoindre le point le plus haut possible ; en rouge, ne pas prendre la mer et évacuer uniquement sur ordre des autorités avec son kit d'urgence[1]. Aller voir la mer n'a rien d'anodin : sur les digues et les fronts de mer, prévient Météo-France, une seule vague peut suffire à emporter un passant[1].
Un niveau de départ qui monte
Chaque submersion part du niveau moyen de la mer, et celui-ci monte. Le service statistique du ministère de la Transition écologique mesure une élévation de 20 cm depuis 1900, et d'environ 10 cm pour la seule période 1993-2020 ; sur les côtes françaises, le rythme est d'environ 3 mm par an en Méditerranée, de 1,4 à 2,5 mm par an en Atlantique et de 1,6 à 2,6 mm par an en Manche et mer du Nord[2]. Quelques centimètres semblent peu ; ils font la différence entre une digue qui tient et une digue qui déborde lors d'une tempête donnée, et Géorisques note que l'élévation du niveau de la mer impose une réflexion à long terme sur le risque de submersion[4].
Sur la carte en direct
Nous affichons la vigilance vagues-submersion par département, avec la couleur officielle, et rien d'autre : ni hauteur de vague, ni niveau de marée. Les tronçons Vigicrues ne concernent que les rivières. Pour lire correctement ces couleurs, la fiche lire les vigilances détaille chaque phénomène ; pour la part du climat dans tout cela, voyez pourquoi les crues augmentent.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le coefficient de marée et où le trouver ?
C'est un nombre publié par le Service hydrographique et océanographique de la Marine qui exprime l'amplitude de la marée du jour : plus il est élevé, plus la pleine mer est haute. Les horaires et coefficients sont en accès libre sur le site de prédiction du SHOM, port par port.
Une vigilance vagues-submersion concerne-t-elle les habitants à quelques kilomètres de la côte ?
Elle vise le littoral, les ports et les embouchures de fleuves, c'est-à-dire tout ce qui est au niveau de la mer, y compris les terres basses derrière les dunes et les digues. Un estuaire remonte loin dans les terres : la vigilance ne s'arrête pas à la plage.
Que faire en vigilance orange ou rouge ?
Ne pas prendre la mer, s'éloigner des côtes et des estuaires, rejoindre le plus haut point possible ou se réfugier à l'étage, en dernier recours sur le toit. En rouge, n'évacuez que sur ordre des autorités, avec votre kit. Et n'allez pas regarder les vagues depuis la jetée : Météo-France rappelle qu'une seule d'entre elles peut emporter un passant.