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Submersion marine et vagues-submersion : comprendre et se protéger

La mer n'a pas besoin de pluie pour inonder. Une forte marée, une dépression qui soulève le niveau de l'eau et des vagues qui passent par-dessus les protections suffisent. Météo-France en fait une vigilance à part entière ; voici ce qu'elle mesure et ce qu'elle demande.

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Mis à jour le 25 septembre 2026Vérifié le 25 septembre 2026806 motsCatégorie : Se préparer, réagir, revenir

Sommaire
  1. Marée, surcote, vagues
  2. Ce que demande la vigilance
  3. Un niveau de départ qui monte
  4. Sur la carte en direct
  5. Questions fréquentes

Géorisques définit les submersions marines comme des inondations temporaires de la zone côtière par la mer[4]. Météo-France précise leur violence : elles peuvent provoquer des inondations sévères et rapides du littoral, des ports et des embouchures de fleuves, les fortes vagues et la surcote du niveau de la mer étant des phénomènes destructeurs dès qu'ils dépassent les protections côtières[1]. Trois ingrédients se combinent.

Marée, surcote, vagues

Le premier est la marée. Son amplitude du jour est résumée par le coefficient publié par le SHOM, disponible port par port avec les horaires de pleine mer[3] : sur les côtes à forte marée, le danger culmine autour de la pleine mer, d'autant plus haute que le coefficient est élevé, mais Météo-France rappelle que la Méditerranée, où la marée est faible, est aussi exposée[1]. Le deuxième est la surcote : une dépression atmosphérique et un vent de mer soulèvent le niveau de l'eau au-dessus de la marée prédite. Elle dépasse parfois le mètre : lors de la tempête Xynthia, le 28 février 2010, la pleine mer attendue à La Rochelle avec un coefficient de 102 était de 6,49 m, l'eau a atteint 8,02 m, soit une surcote de 1,53 m, du jamais vu depuis le début des observations marégraphiques en 1997[6]. Le troisième est la houle : des vagues qui déferlent par-dessus les dunes, les digues et les quais, y ouvrent des brèches et projettent du sable, des galets et des débris.

Quand les trois coïncident, la mer entre dans les terres basses et l'eau ne redescend qu'avec la marée. Xynthia a laissé 47 morts en France[6], et Météo-France souligne que les occupants des habitations sans étage sont particulièrement exposés lors d'événements soudains[1]. Les estuaires sont particulièrement exposés : une crue du fleuve qui rencontre une pleine mer de tempête n'a plus d'exutoire.

Ce que demande la vigilance

Vagues-submersion est l'un des neuf phénomènes de la vigilance de Météo-France, avec une carte pour aujourd'hui et une pour demain publiée à partir de 6 h[5]. Les consignes sont brèves : en orange, ne pas prendre la mer, s'éloigner des côtes et des estuaires, rejoindre le point le plus haut possible ; en rouge, ne pas prendre la mer et évacuer uniquement sur ordre des autorités avec son kit d'urgence[1]. Aller voir la mer n'a rien d'anodin : sur les digues et les fronts de mer, prévient Météo-France, une seule vague peut suffire à emporter un passant[1].

20 cmd'élévation du niveau de la mer depuis 1900moyenne mondiale[2]
10 cmentre 1993 et 2020le rythme s'accélère[2]
3 mm/anen MéditerranéeNice, Toulon, Sète, 1993-2019[2]

Un niveau de départ qui monte

Chaque submersion part du niveau moyen de la mer, et celui-ci monte. Le service statistique du ministère de la Transition écologique mesure une élévation de 20 cm depuis 1900, et d'environ 10 cm pour la seule période 1993-2020 ; sur les côtes françaises, le rythme est d'environ 3 mm par an en Méditerranée, de 1,4 à 2,5 mm par an en Atlantique et de 1,6 à 2,6 mm par an en Manche et mer du Nord[2]. Quelques centimètres semblent peu ; ils font la différence entre une digue qui tient et une digue qui déborde lors d'une tempête donnée, et Géorisques note que l'élévation du niveau de la mer impose une réflexion à long terme sur le risque de submersion[4].

Sur la carte en direct

Nous affichons la vigilance vagues-submersion par département, avec la couleur officielle, et rien d'autre : ni hauteur de vague, ni niveau de marée. Les tronçons Vigicrues ne concernent que les rivières. Pour lire correctement ces couleurs, la fiche lire les vigilances détaille chaque phénomène ; pour la part du climat dans tout cela, voyez pourquoi les crues augmentent.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le coefficient de marée et où le trouver ?

C'est un nombre publié par le Service hydrographique et océanographique de la Marine qui exprime l'amplitude de la marée du jour : plus il est élevé, plus la pleine mer est haute. Les horaires et coefficients sont en accès libre sur le site de prédiction du SHOM, port par port.

Une vigilance vagues-submersion concerne-t-elle les habitants à quelques kilomètres de la côte ?

Elle vise le littoral, les ports et les embouchures de fleuves, c'est-à-dire tout ce qui est au niveau de la mer, y compris les terres basses derrière les dunes et les digues. Un estuaire remonte loin dans les terres : la vigilance ne s'arrête pas à la plage.

Que faire en vigilance orange ou rouge ?

Ne pas prendre la mer, s'éloigner des côtes et des estuaires, rejoindre le plus haut point possible ou se réfugier à l'étage, en dernier recours sur le toit. En rouge, n'évacuez que sur ordre des autorités, avec votre kit. Et n'allez pas regarder les vagues depuis la jetée : Météo-France rappelle qu'une seule d'entre elles peut emporter un passant.

18 · 112

En cas d'urgence, appelez le 18 ou le 112 (114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes). Cette page informe ; elle ne remplace aucune consigne officielle : vigilance.meteofrance.fr, vigicrues.gouv.fr, votre préfecture et votre mairie.

À lire ensuite

Sources et dernière vérification

Dernière vérification des faits de cette page : 25 septembre 2026. Publication : 24 septembre 2026. Mise à jour : 25 septembre 2026.

  1. Météo-France, vagues-submersion : quels dangers et comment s'en protéger (consulté le 25 septembre 2026) : inondations sévères et rapides du littoral, des ports et des embouchures ; fortes vagues et surcote ; consignes orange et rouge ; littoral méditerranéen exposé malgré une marée de faible amplitude ; une seule vague peut suffire à emporter un passant ; habitations sans étage particulièrement exposées
  2. Service des données et études statistiques, niveau des océans (chiffres clés de la mer et du littoral, édition 2024) (consulté le 24 septembre 2026) : 20 cm depuis 1900, environ 10 cm entre 1993 et 2020, environ 3 mm par an en Méditerranée, 1,4 à 2,5 mm en Atlantique, 1,6 à 2,6 mm en Manche et mer du Nord
  3. SHOM, prédictions de marée gratuites (consulté le 24 septembre 2026) : horaires et coefficients de marée port par port
  4. Géorisques, dossier expert sur les inondations (consulté le 24 septembre 2026) : les submersions marines sont des inondations temporaires de la zone côtière par la mer ; l'élévation du niveau de la mer impose une réflexion à long terme
  5. Météo-France, vigilance météorologique (échéances aujourd'hui et demain) (consulté le 24 septembre 2026) : vagues-submersion parmi les neuf phénomènes, carte du lendemain disponible à partir de 6 h
  6. Météo-France, nuit du 27 au 28 février 2010 : Xynthia (consulté le 25 septembre 2026) : coefficient de 102 ; à La Rochelle, pleine mer attendue de 6,49 m, hauteur d'eau totale de 8,02 m, surcote de 1,53 m, jamais vue depuis le début des observations marégraphiques en 1997 ; 47 morts en France

Ce que nous ne savons pas avec certitude

  • Les seuils de coefficient à partir desquels une marée est dite grande ne sont pas définis sur la page du SHOM que nous avons pu relire ; nous n'en citons aucun.
  • La date de création de la vigilance vagues-submersion n'a pas pu être vérifiée sur une page officielle accessible.

Qui écrit cette page, et comment

Éditeur
E.repare, à Gujan-Mestras (Gironde), qui édite la carte des inondations et la carte des feux de forêt. Voir qui sommes-nous et la méthodologie de la carte.
Méthode
Chaque chiffre est relié à une source citée en bas de page, avec sa date de consultation. Quand une donnée n'est pas publique ou contradictoire, nous le disons plutôt que de trancher, et nous écrivons sans chiffre.
Limites
Ces pages informent les habitants ; elles ne décrivent pas une procédure et ne se substituent à aucune consigne des secours, des préfectures ou des mairies. Elles ne donnent aucun conseil médical. Une erreur ? Écrivez-nous.